Au fil des rencontres
Le carnet de Maroi · Dans les relations

Comment faire une place à chacun sans lui demander de rentrer dans la nôtre ?

Baby-boomers, générations X, Y, Z et Alpha : que pourrions-nous apprendre les uns des autres si nous cessions de défendre notre génération ?

Arbre signé Maroi Hennouf, aux couleurs bleues et camel, avec des racines étendues et un feuillage ample

Je suis de la génération X. Ces derniers jours, je lis des prises de parole sur les générations et leur rapport au travail. Les uns parlent de fatigue, de sens, du besoin de pouvoir dire que quelque chose ne va pas. Les autres rappellent les efforts consentis, l’expérience acquise, les responsabilités qu’ils ont tenues sans toujours pouvoir choisir.

Et je me demande : pourquoi faudrait-il que l’un de ces récits efface l’autre ?

Ces décalages, je les ai vécus et je les vis encore. Tout au long de mon parcours professionnel, j’ai travaillé avec des personnes de générations et de cultures différentes, des fonctionnaires et des contractuels, aux métiers, aux statuts et aux façons de faire variés. Cette expérience compte. Mais je ne veux pas qu’elle devienne la mesure à laquelle les autres devraient se conformer pour être pris au sérieux.

À quoi sert ce que j’ai appris si cela m’empêche d’entendre ce que quelqu’un d’autre essaie de me dire ?

Ce qui me retient, c’est le moment où l’on cesse de regarder une situation pour définir celui qui la vit. Il pose beaucoup de questions : il faudrait qu’il soit plus autonome. Il ne pose aucune question : on suppose qu’il a compris. Il propose une autre méthode : il remettrait tout en cause. Il tient à une pratique ancienne : il refuserait d’évoluer.

Mais lui, qu’en dit-il ? À quel moment lui avons-nous laissé la possibilité de l’expliquer ?

Baby-boomers, générations X, Y, Z, Alpha : ces repères peuvent nous aider à situer une époque. Ils ne suffisent pas à comprendre quelqu’un. Deux personnes du même âge peuvent avoir des besoins très différents. Une culture commune ne signifie pas que chacun donnera le même sens à une consigne, à un silence ou à un désaccord.

Je voudrais reprendre la conversation avant que l’étiquette ne prenne toute la place.

Que cherche-t-on à préserver ? Que veut-on changer, exactement ? Qu’est-ce qui a été compris ? Qu’est-ce qui reste difficile à dire ? Et qui n’a pas encore trouvé sa place dans l’échange ?

Je veux que tout le monde soit entendu. Cela ne signifie pas que toutes les propositions seront retenues ou que nous serons toujours d’accord. Cela signifie que nous ne déciderons pas de ce que quelqu’un pense avant de lui avoir permis de le dire.

C’est à cet endroit que je construis mon travail chez ORCYA.

Dans une équipe, une association ou un établissement, je reprends les situations concrètes : une transmission qui ne fonctionne pas, des attentes qui se heurtent, une façon de participer qui laisse certains à l’écart. Nous regardons ce qui peut être ajusté dans les explications, les échanges, les responsabilités ou l’organisation.

La formation permet de travailler ces pratiques. L’accompagnement permet de préparer un échange ou une décision. Le suivi permet de revenir sur ce qui a été essayé, ce qui a changé et ce qui demande encore du travail.

Je n’ai pas envie de départager les générations ni de distribuer des rôles selon les cultures. Je veux que l’expérience puisse se transmettre, que les questions nouvelles puissent trouver leur place et que chacun puisse contribuer sans devoir d’abord défendre ce qu’il est.

Aujourd’hui, c’est cela que je cherche : comment construire quelque chose ensemble sans exiger que l’autre commence par nous ressembler ?

Maroi Hennouf
Fondatrice d’ORCYA – Conseil & Formation
Structurer – Décider – Avancer

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